Qu'est-ce que l'indice glycémique ?
L'indice glycémique est une mesure qui indique à quelle vitesse un aliment fait monter votre glycémie (taux de sucre dans le sang) après l'avoir mangé. L'échelle va de 0 à 100, le glucose pur servant de référence à 100.
Un aliment à IG élevé (au-dessus de 70) provoque une montée rapide et brutale de la glycémie. Le pancréas répond en sécrétant une grande quantité d'insuline pour gérer ce sucre en urgence — et ce pic d'insuline est suivi d'une chute, parfois sous le niveau de départ. C'est cette chute que vous ressentez comme un coup de barre ou une envie soudaine de sucré.
Un aliment à IG bas (en dessous de 55) fait l'inverse : la glycémie monte progressivement, l'insuline est sécrétée doucement, et vous restez rassasié et énergisé plus longtemps. Sans pic, sans chute, sans fringale.
Imaginez un feu : certains aliments sont comme du papier journal, ils s'enflamment d'un coup et s'éteignent aussitôt. D'autres sont comme des bûches, ils brûlent doucement et longtemps. Votre énergie suit exactement la même logique.
À noter : l'IG d'un même aliment fixe (mesuré en laboratoire, sur un aliment consommé seul et à jeun) et votre réponse glycémique réelle peuvent diverger. Une étude de référence menée par Zeevi et al. (Cell, 2015, sur 800 participants) a montré que la réponse glycémique à un aliment identique varie fortement d'un individu à l'autre, selon le microbiote intestinal, l'activité physique et le sommeil de la veille. L'IG reste un excellent outil de repère général, mais ce n'est pas une valeur absolue et universelle.
IG vs charge glycémique : la nuance qui change tout
L'IG seul a une limite importante : il ne tient pas compte de la quantité que vous mangez réellement. C'est là qu'intervient la charge glycémique (CG), qui correspond à l'IG multiplié par la quantité de glucides présents dans une portion réelle, divisée par 100.
Exemple concret : la pastèque. Son IG est élevé (autour de 72), ce qui inquiète beaucoup de personnes qui surveillent leur glycémie. Mais une portion normale de pastèque contient très peu de glucides en pratique. Sa charge glycémique réelle est donc faible (environ 4 pour une tranche de 120 g), et son impact sur votre glycémie reste modeste.
À l'inverse, un bol généreux de riz blanc, dont l'IG est "seulement" modéré (autour de 64), représente une charge glycémique élevée dès qu'on en mange une portion normale. C'est lui qui fait monter la glycémie, pas la pastèque.
La règle à retenir : l'IG vous dit comment un aliment agit sur votre glycémie ; la charge glycémique vous dit combien il agit, selon ce que vous en mangez vraiment. Les deux comptent.